Aujourd’hui, les autres personnes qui manquaient du labo sont revenues de leur urgence dans leur centrale nucléaire, et donc j’ai arrêté de me perdre dans les articles de recherche pour passer à des choses beaucoup plus concrètes. Et comme les mauvaises langues le devineront, c’est plutôt le choc.
Alors de nouveau il y a :
- Thierry LAFRANCE, lui, c’est l’assistant de recherche, le responsable de tout ce qui est investissement conception et montage des expériences. C’est un type extrêmement sympathique, pur québécois, toujours un crayon de papier derrière l’oreille qui est un pur génie du sens pratique, bricoleur fini, enfin un Mc guywer à qui ont aurait eu la mauvaise idée de lui laisser un immense labo pour bricoler ses trucs. Il quitte toujours le labo vers 16H, car il doit aller chercher ses gosses…
En gros, un laboratoire de recherche, c’est une immense salle de jeux pour grands gamins. Alors forcement, les chercheurs, ils font joujou avec tout et tout plein d’expériences marrantes. Et puis comme ils sont très possessifs, et qu’ils veulent garder leurs jeux pour eux, ils publient régulièrement de gros papiers compliqués dans lesquels ils disent les expériences qu’ils ont déjà faites. Et la règle du jeu, c’est que les autres, n’ont pas le droit de refaire les mêmes, et sont obligés de trouver de nouveaux jeux. Et thierry son boulot, c’est de permettre à tout ces chercheurs de faire joujou. Il n’y comprend pas grand-chose à nos modèles compliques et nos problèmes à la con, par contre, lui tout ce qui est pratique, tout ce qui est conception, gestion, c’est un dieu. Et donc, au final, le principe, c’est que moi, je suis là pour travailler sur une expérience qui a déjà été conçue par maxime et un autre stagiaire mais qui n’est pas encore finie de monter, et donc je viens le voir et je lui dis : « Eh, thierry, moi je veux mon joujou le plus rapidement possible. » Et il me répond « OK JJ, mais pour ca, il faudrait faire ca, ca, ca et ca. ». Alors en théorie, c’est moi qui dirige, mais, en pratique, au jour le jour, c’est lui qui me dit ce que je dois faire. Et donc, pour l’instant, et bien je fais du bricolage (le grand rêve déçu de mon père, avoir des fils qui font du bricolage…). Je passe mes journées à calculer des distances, voir comment est-ce que l’on va pouvoir agencer les tuyaux, dessiner des plans, tracer des traits avec des niveaux et des mètres en haut de mon escabeau, agencer les joints pour qu’ils tiennent à une pression de 5 bar. Parce que mon petit bijou, il va juste servir à mesurer les forces sur un écoulement diphasique dans un tuyau de 52mm de diamètre… Mais pour faire ca, j’ai 20 à 30 mètres de tuyauterie, un réservoir qui fait bien 5 mètres cubes, une pompe de plusieurs dizaines de kilowatts, qui est deux fois plus grosse que celle que l’on a à saint-savin pour la piscine. Mon expérience fait 6 mètres de haut. Enfin, c’est un joli petit joujou à 40 000 dollars.
En plus, ici, leurs unités c’est le pouce. Et donc je compte en pouces. Et puis c’est doublement le bordel car ce n’est même pas décimal leur système d’unité, ils comptent en pouces, en demi pouces, en quart de pouces, en huitièmes de pouces et en seizièmes de pouces. Et donc je me ballade avec mes 3 règles, ma calculatrice et mon niveau, je lis des plans solidworks et je mesure mes pièces dans tous les sens à longueur de journée. Surtout le mélangeur qui m’a pose beaucoup de problèmes de seizièmes de pouces. En gros, ca ressemble à un altère et ca pèse bien plusieurs livres… J’ai du me muscler le bras à force de le tripoter dans tous les sens…
Et dans tout son travail, Thierry, il se fait aider par :
- Ben (on ne m’a jamais dit son vrai nom), le technicien. Alors lui… La boule à zéro, avec juste le bas d’un bouc, qu’il a fait décolorer… Quand tu le regarde, tu as l’impression qu’il fait la gueule, et dans sa voix tu as l’impression que tout le fait chier. C’est le québécois qui a le contact le plus froid que je n’ai jamais rencontré. C’est le seul aussi qui ne parle pas très fort, et dans son bouc. Il ne souri jamais. Il porte un tee-shirt « Are you always an idiot or just when I am around ? ». Mais ce n’est qu’une façade. En fait, il est super sympa. Enfin je veux dire, extrêmement serviable, patient, et il adore ce qu’il fait. C’est un ultra-génie aussi. Il connaît tous les capteurs par cœur, tous ses ordinateurs. De temps en temps, il fait même des blagues. D’ailleurs il adore faire des blagues sur les français… Et lui en fait, il se charge de me fournir mes capteurs, et il a aussi passé tout lundi après-midi a m’expliquer le fonctionnement du logiciel ultra compliqué que je vais utiliser pour mes expériences.
Voilà.
C’est ca mon boulot maintenant.
jeudi 17 mai 2007
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