En une semaine ici, j'ai eu le temps de visiter complètement tout le campus, ca y est, je le connais par cœur. La prochaine étape, maintenant, c'est Montréal. A part le quartier cote des neiges ou je vais faire mes courses que je connais bien aussi, je ne suis pratiquement jamais sorti dans Montréal. Aujourd'hui, je ne bosse pas, c'est l'occasion. Par contre, je voulais faire ca différemment de la façon dont j'ai découvert Paris. Paris, j'ai surtout découverts le métro, puis ensuite la ville. Je prenais toujours le métro et je ne connaissais que de petits ilots, a la surface, déconnectés les uns des autres. A chaque fois, je voulais aller quelque part, visiter un musée, voir un endroit précis, je prenais le métro et je voyais juste l'endroit. Pour aller a un ciné particulier, ou une conférence, ou chez quelqu'un. Et il m'a fallu très longtemps, plus d'un an pour que je fasse le lien entre les différents endroits que je connaissais. Montparnasse par exemple, maintenant je connais bien, mais avant, je ne connaissais qu'un ciné et une Fnac a la sortie d'un métro. Alors que pour Montréal, je ne sais pas ou je vais… Je n'ai pas la moindre idée des musées ou je voudrais potentiellement aller je n'ai personne à aller voir, je n'ai pas la moindre idée de quel ciné je pourrais aller voir (quelle chaine, a quel endroit ?), je ne sais pas du tout ou aller. Je n'ai même pas un plan de la ville. Donc, j'ai choisi de la visiter autrement. Cet aprèm, après avoir mangé, j'ai pris mon chapeau, mon appareil a photo, ma veste et je suis parti, sans savoir ou j'allais, sans rien. « Comme un bateau dérive, sans but et sans mobile, je marche dans la ville tout seul et anonyme. » Et comme le dis bilbon : « Il est dangereux de prendre la route, car on ne sait jamais jusqu'ou cela peut te mener. »
Et donc me voilà parti.
Alors j'ai marché, droit devant moi. J'avais juste vaguement l'idée d'aller en centre ville. Alors j'ai longé le campus, et puis une fois sorti je suis tombé sur un cimetière. En fait, tout le campus est collé au cimetière, mais on ne peut pas passer de l'un à l'autre directement. Et donc je suis allé me promener dans le cimetière. C'était très intéressant… des tombes absolument magnifiques, verdoyant… cela ressemblait à un parc, avec des écureuils partout et des étendues incroyables d'herbes et de fleurs… Un peu « Heidi a la montagne »… Joli vraiment. Mais en plus, c'était gigantesque ce truc, grand comme 5 fois le jardin du Luxembourg. On pourrait passer une journée à le visiter. On peut même y entrer en voiture…
Et après, …Comment dire…
Enfin en gros, j'ai marché dans la foret pendant une demi-heure. Sur le bord d'une route, il est vrai, mais à cote de foret. De la vraie foret, naturelle. Sur le coup, je n'ai pas compris,… Je partais pour voir les buildings du centre-ville et je me perds en foret. Et j'ai continue de me perdre jusqu' à arriver à un magnifique parc et le lac aux castors. Très joli ce lac, ou il y avait des canards et puis des mouettes et des goélands (il y en a sur le campus aussi) qui lorgnaient les bancs de poissons rouges qui faisaient bouillonner la surface. Un parc super, avec plein de québécois venus pic niquer en famille, de gens qui faisaient du sport, de grandes pelouses, de belles sculptures, de la foret et des écureuils. Il y avait des gens qui faisaient du VTT dans des petits chemins de terre perdus dans la foret. Sinon, je n'ai jamais vu autant d'écureuils de ma vie. En plus, j'adore les écureuils, c'est parmi mes animaux préférés. C'est mignon, et puis ca adore les noisettes, comme moi, … Mais en fait, il y en a tellement partout ici, que c'est banal pour les gens qui habitent ici. Enfin je veux dire, regarder les écureuils ici, c'est comme prendre en photo les pigeons sur le parvis de Notre-Dame. Il y en a tellement qu'il n'y a que les touristes qui font ca. Et puis, ils ne sont pas craintifs, mais ils ne viennent pas te réclamer de la nourriture non plus. A vrai dire ils en ont rien à foutre de toi. C'est bien. Les québécois ont été bien dressés, ils ont compris qu'il ne fallait pas les nourrir, ni les emmerder. Ces deux espèces cohabitent parfaitement… Nos amis les terriens et nos amis les écureuils. (bientôt sur vos écrans grâce a bernard werber).
Bon, revenons a nos pigeons, en fait, le campus est sur une « montagne », je vous l'ai déjà dit, sur un versant, et le cimetière et le parc constituent l'autre versant. Donc comme c'était en altitude je me suis mis en tête de trouver un point de vue sur Montréal (l'autre versant, le centre ville) depuis ma montagne. Et là, je me suis reperdu en foret. A un moment, il y a un petit écureuil magnifique qui passe juste à cote de moi et s'arrête. Je sors discrètement mon appareil a photo, je m'accroupis et le photographie 2 fois avant qu'il reparte. C'est alors que je remarque que quelqu'un me regarde. Je le regarde, c'est un homme d'une quarantaine d'années, bien gras en pull blanc. Je lui dis bonjour, je lui parle des écureuils. Il ne parle pas français alors on parle en anglais. C'est un américain qui passe une journée de tourisme à Montreal et repars demain. (il a du venir ici pour de la paperasse). Lui aussi cherche un point de vue, alors on le cherche ensemble, et puis on le trouve. Sublime vue sur les gratte-ciels et le centre-ville. Ici, ou que tu regarde il y a de la verdure. Cette ville est un merveilleux mélange de végétation et d'urbanisme bien fait. A cote de nous, il y avait des calèches à chevaux, des marchands de glaces, etc… N'empêche, je marchais depuis 2 heures et je n'avais pas encore vu une seule route avec des maisons de chaque cote.
Lui, c'est marcos, un allemand qui vient du brésil qui fabrique des composants automobiles à Detroit. Je lui dis que je vais aller au centre-ville à pieds, il me propose de m'emmener, alors j'accepte.
Alors, on se perd en voiture, dans ce dédale de rues magnifiques. Chaque maison est différente, tout est passionnant. Et puis finalement, on change d'avis et on décide d'aller tous les deux prendre le grand pont, à l'autre bout de la ville pour aller sur l'ile ou il y a un autre parc, les installations des jeux olympiques et le casino. Le passage sur le pont est extraordinaire, avec un grand soleil, une vue saisissante sur la ville…
Oui. Marcos, c'est le genre de pauvre type américain, qui a passé toute sa vie à courir après sa carrière, n'a pas trop d'amis, pas de femme(s), pas de gosse(s), pas d'attache(s), plein de tunes, qui se réveille à 40 ans et se dit qu'il voudrait faire des choses intéressantes dans sa vie. Et donc, il était tout seul pour visiter Montréal. Moi aussi. Donc nous sommes deux. Et donc, on est allés se promener sur la berge de l'ile, très très très beau aussi, il m'a raconté qu'il voulait un jour faire Detroit-Rio de Juanero en voilier. Moi je lui parlais fusion nucléaire. On a regardé quelques installations olympiques, puis après, on est allé au casino (je voulais en visiter un un jour). C'était très marrant. Des étages et des étages de machines à sous à perte de vue, sur lesquelles des vieux et des vieilles viennent dépenser leur argent. Moyenne d'âge 60 ans, c'est là que les vieux riches et désœuvrés viennent gaspiller le temps qui leur reste à vivre. Les tables de poker étaient impressionnantes. Marcos m'a payé une bière. On a parlé TVA, sport, plongée sous-marine, comportement animalier, etc… Et puis ensuite on est retournés se balader en voiture en centre-ville. Il m'a déposé près d'un métro vers 19H, on a échangé nos mails. Et bon, en gros, si un jour je vais à Detroit, j'ai un contact là-bas. Donc ensuite, je suis allé me promener dans les souterrains de Montréal. Parce que oui, comme l'hiver ici il fait super froid, ils ne peuvent quasiment pas sortir alors ils ont construit tout une ville souterraine (comme les nains sous la montagne…). Il y a peut-être 2 ou 3 kilomètres de galerie marchande, de magasins de luxe, de cafés, de magasins de jeux vidéos, enfin que des trucs marrants. J'ai même entendu dire qu'il y avait des courses à pieds d'organisées dedans… Tout était fermé, (sauf quelque vendeurs de cookies et de muffin délicieux) mais cela valait le détour. Et puis souvent, le magasin qui est à la surface correspond avec celui qui est en-dessous. Il y a des rues, des places… C'est comme les halles mais en beaucoup, beaucoup plus grand.
Et puis bon, …
Apres, je suis rentre en métro…
Alors bon, finalement j'ai récupéré une carte histoire de comprendre un peu pourquoi est-ce que je mettais perdu dans la foret, et à la lueur de cette carte, j'ai appris compris plusieurs choses : D'une, Montréal, c'est super grand. Et j'en ai pour la journée à aller à pied au centre ville et revenir. De deux, en gros, la carte, c'est que de la ville partout, de la ville très agrémentée de petits parcs et de verdure, mais de la ville quand même, sauf a un seul endroit. En gros, ils avaient une grosse montagne de poser au milieu de la ville et ils se sont dit qu'ils allaient la laisser sauvage, y mettre un parc un cimetière et un campus, et laisser tout le reste en foret brute libre…
D'ailleurs, vous pouvez revivre mes aventures sur la carte suivante :
http://maps.google.com/maps/ms?ie=UTF8&hl=en&msa=0&om=1&msid=112021953472117560034.0000011285edd61d326b0&ll=45.501113,-73.584366&spn=0.043013,0.079823&t=k&z=14
mercredi 16 mai 2007
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