Lorsque j'ai appris que j'avais un stage à Montréal, je me suis dit : « Chouette, en plus là-bas ils parlent français ! ». Bon, cela me gênait un peu car je me savais bien qu'il fallait que j'améliore mon anglais absolument catastrophique, et de ce point de vue là, c'était le seul petit inconveignant de mon stage.
Que je me trompais…
Alors d'une, à Montréal, ils ne parlent pas tous français. 53 % de la population est francophone et 18 % anglophone. Mais bon, près de 53 % des Montréalais sont bilingues français et anglais, 29 % des gens parlent uniquement le français et 13 % des Montréalais parlent seulement l'anglais. Alors ici, il m'arrive de parler anglais. Zhang (nom certifie avec plusieurs fautes d'orthographe), mon voisin de bureau, un chinois qui lui aussi fait des recherches au labo, il ne parle pas français par exemple. Au boulot, des fois on parle français, des fois on parle anglais. Dans la rue, un peu partout, on parle anglais. Il y a des radios anglaises, de radios québécoises, des chaines de télé anglaises, d'autres québécoises… Ici c'est normal de vivre dans un univers ou les deux langues cohabitent.
Et ce qui est absolument génial, c'est que toutes les pubs, tous les emballages, absolument tout ce qui est affiché, ou écrit est dans les deux langues. Sur les paquets de céréales, sur les sachets de nouilles, dans les pubs, tu as toujours le texte dans les deux langues. C'est super marrant à voir. Et puis souvent, les traductions sont assez mauvaises. Comme ils disent à la radio, c'est souvent un indien qui demande à sa belle-mère qui a prit des cours de français 2 ans au lycée de faire la traduction. Et cela donne des trucs assez terribles. Par exemple sur une bouée disney : « This is not a lifesaving device. Do not leave child unattended while in use" est traduit par : "Ce n'est pas une bouée de sauvetage. Ne pas partir enfant indépendant pendant que dans l'usage. »
Mais des fois c'est encore plus drôle. Un emballage de légumes congelés expliquant en anglais que le produit est un mélange de légumes frits provenant de Shanghai traduisait en français : « Mélange de légumes pour faire sauter Shanghai. ».Mais ce n'est pas tout. En plus du fait de parler anglais assez souvent ici et de tout voir écrit en anglais jusque sur mon pot de nutella, il y a le fait traumatisant qu'ici ils ne parlent pas français, ils parlent québécois. Et ils ont de ces expressions !!! Alors déjà, je commence juste à comprendre ce que dis le petit vieux de la cafeteria. Mais sinon, tous leurs noms, toutes leurs expressions c'est génial. Déjà, les regarder écouter « Cheum FM » comme radio, on ne peut pas s'empêcher de rire. Ici, ils disent « magasiner » pour « faire les boutiques », « peinturer » à la place de « peindre » (ils disent peindre pour une toile, mais peindre un mur, ils appellent cela peinturer…). Ici, ils ne disent pas des « rollers », mais des « patins à roues alignées ». Je crois que j'ai compris, pourquoi est-ce qu'ils n'organisent pas de rando-roller, parce que « rando-patin-à-roues-alignées », c'était trop moche comme nom ! Alors le coup du chaudron, qu'ils appellent aussi marmite des fois, c'est énorme. Je vous ai déjà dit que les épiceries s'appelaient des dépanneurs, mais maintenant j'ai découvert que les sandwichs, s'appelaient des « sous-marin ». Et puis sérieusement, c'est tellement drôle de voir tous les hommes politiques se battre pour être à la tète du PQ (le parti québécois).
Il faut aussi savoir que les québécois refusent catégoriquement de parler anglais. Ils veulent à tout prix conserver leur identité, et donc ils francisent absolument tous les mots anglais… Déjà, le panneau « Arrêt » sur la route, c'est énorme.
(Mais vous n'aurez pas, ma liberté de …)
(un cookie à celui qui trouve, (facile))
Cependant, ils sont tout de même baignés dans un bain anglophone, ils en subissent des influences, mais à chaque fois, ils retraduisent en français. Tel que « Bed and Breakfast », qui se transforme en « Couette et Cafe ». Ils disent « Tomber en amour », traduction directe de « fall in love ». Un pote avait aussi remarqué que nous en francais, quand on francise un mot anglais, on en fait un nom. Par exemple, parking. Eux… ils en font un verbe. Et ici, ils disent « parker son char » (le char était la voiture évidement). En plus ils parkent leur char au débarcadère…
Dans la même lignée, il y a les toilettes, qu'ils appellent les « Salle de bain », traduction directe de « Wash Room ».
Et puis après, il y a toutes les expressions purement québécoises, qu'il n'y a qu'eux qu'ils disent. La matinée, ils appellent cela « L'avant midi ». Le déjeuner, ils l'appellent le diner, et le diner le souper. Ils sont restes synchronisés avec les repas français. Enfin je m'explique. A 8H du mat, heure française, les mangeurs de grenouilles se réveillent et prennent leur petit déjeuner. Pendant ce temps, les mangeurs de caribou dorment. A 12H, les mangeurs de camembert déjeunent, et pendant ce temps au Québec, ils déjeunent aussi leur café et leur bol de céréales. A 20H, les français dinent, et pendant ce temps à Montréal, les mangeurs de burger dinent aussi, à la cafeteria de leur lieu de travail. Et vers minuit, quand vous dormez, les québécois soupent… Et c'est génial comme différence de langage, car on s'y perd vraiment au début. Et puis il y a l'histoire vraie d'un québécois qui arrive en France et qu'un ami invite à diner. Alors le mec, et bien il se pointe à midi. « Bah qu'est ce que tu fais là ? ». « Bah, tu avais dit que tu m'invitais à diner. » « Oui, mais ce soir ! »
Ensuite, ici, ils ne disent pas merde, ou saloperie de bordel de merde, ou je ne sais quelle de nos belles expressions françaises. Ils ne disent pas non plus fuck tous les 2 mots comme leurs voisins. Non. Lorsqu'ils s'énervent, ils s'écrient : « Tabernacle ! ». Et là je peux vous assurer qu'il est impossible de ne pas exploser de rire. C'est comme le « Saperlipopette » de Hugh Grant, … Quand ils sont encore plus énervés ils se laissent même parfois aller au « Tabernacle Niaiseux ! ».
Je me souviens, lorsque j'étais juste arrivé et que je souffrais encore du décalage horaire, j'avais expliqué à une québécoise que mon « horloge biologique » m'indiquait qu'il était l'heure de dormir. Et là elle avait explose de rire, en m'avait répondu qu'en québécois l'horloge biologique, c'était quand il est temps de … faire des bébés. En gros, je ne sais pas si je lui ai dit que j'étais en pleine puberté ou que j'avais envie de faire l'amour, à cette brave employée du service de sante…
Ici, ils disent « J'ai la chienne », pour dire « Cela ne me tente pas ».
Mais un des plus beaux quiproquo c'est quand même l'histoire qui est arrive à un de mes amis, français, 35 ans célibataire, qui voyageait au Québec, et qui dinait dans un restaurant avec des amis. Ils discutaient bien avec la serveuse, ils s'entendaient bien, c'était sympa. Et puis à la fin du repas, il y a la serveuse qui vient les voir et qui leur dit : « Ah, vous êtes bien gentils les français. Je me suis bien amusée avec vous. Pour vous remercier, je vais vous faire une petite turlutte ! »
Gros blanc. Visage gênée de tous les français…
Parce qu'en fait, en québécois, une turlutte c'est une petite chanson !!!!
Ici aussi, le mot « foufoune » signifie juste les fesses. Et j'avoue que l'on ne peut pas s'empêcher de rire, lorsque l'on tombe dans Montréal sur un bar de rock appelé « Les foufounes électriques » !
Mais la meilleure, c'est quand même, les gosses… En québécois, les gosses, cela veut dire, …, comment dire… Bon, les hommes en ont deux. Les femmes n'en n'ont pas… J'ai nommé les testicules… Et il faut voir la gueule des québécois lorsqu'ils accueillent un nouveau collègue français qui leur déclare qu'il a embrassé ses gosses, ce matin, avant de venir bosser…
Autre dialogue mythique, celui d'un français qui discute avec un ami québécois, devant la femme de son ami.
Le français : « Tu as des gosses toi ? »
Le québécois : « Bah, oui… »
Le français : « Ah bon ! Tu en as combien ? »
Le québécois : « Bah, deux, … Comme tout le monde. »
Le français : « Ah non ! Moi, j'en ai trois. »
Le québécois : « Non… Je ne pense pas… »
Le français : « Si si ! Je te jure. La grande, la moyenne, et la petite ! »
2 commentaires:
Grands dieux ! Tu es allé aux Foufounes électriques, lieu de passage de Mass Hysteria lors de la tournée de leur premier album ! Vite, va faire une petite prière pour moi...
"Ma liberté de penser" Florent Pagnygny ^_^. Et 2 cookies 2
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