dimanche 13 mai 2007

Vendredi 11 Mai : Libération des regards, et Johnny Hallyday

Ici, les gens sont gentils. Enfin je veux dire, on a tous le stéréotype du québécois super accueillant, serviable et sympa. Et bien c’est complètement vrai. Mais totalement, … Par exemple dans l’administration ils sont super gentils, conciliants, ils parlent, ils ont le sourire, tu leur raconte ta vie, ils te racontent la leur. Quand je me suis endormi de fatigue sur le comptoir de l’assurance maladie, la fille m’a juste dit : « Dormez bien, je vous réveille dès que j’ai besoin de vous. » Toute la paperasse que j’ai faite, et je peux vous dire que j’en ai faite, ce fut un plaisir. Je me souviens encore a l’assurance maladie, il y avait une cliente, une râleuse finie qui enguellait la fille qui s’occupait d’elle devant moi. Elle la traitait d’incapable, était pas contente, enfin… Et moi, je suis passé avec la même fille juste après. Alors j’essaie de la réconforter, et là, elle me répond qu’elle s’en fout de s’être faite engueuler, par contre, elle s’en veut de ne pas avoir réussit à contenter cette dame. « Moi ce que j’aime dans la vie, c’est quand les gens arrivent avec leur problème, que je le leur résous et qu’ils repartent tout content. ». Plutôt que de se protéger derrière des reproches et une mauvaise humeur, comme le ferait n’importe quel bon français, en disant : « De toute façon, c’était une conne. » (ce que j’ai moi-même fait). Elle regrettais juste de ne pas avoir pu la rendre heureuse…
Par contre, avec moi elle était contente parce que je suis reparti tout heureux ( et le merveilleux exemple de façon de vivre qu’elle venait de donner y était pour quelque chose). Sinon, quand tu entre dans un magasin, le vendeur vient te voir et te demande comment ca va. Quand tu parles avec lui, il te tutoie. Et puis un truc qui change vraiment par rapport à la France, c’est que les gens osent se regarder. J’ai déjà écris des pages dans mon agenda à ce sujet, mais en France, on n’ose pas se regarder. C’est gênant, on se sent espionné, mal à l’aise, jugé, humilié. C’est impossible de regarder quelqu’un dans le métro, on est trop timide. Les enfants, les justes nés, eux, ils osent regarder les gens en face, ils ne se sont pas encore fait casser par l’individualisme et la peur. La plupart du temps on ne peut pas se regarder car l’on ne supporte pas soi-même d’être observé.
Pourtant, quelqu’un qui t’observe, c’est quelqu’un te reconnais, qui t’accepte en tant qu’individu. On a oublié qu’il y avait des regards non-méprisants envers les inconnus en France. C’est d’ailleurs pour ca que j’avais fondé le CLR, Comité de Libération des Regards. Parce que moi, j’ai l’impudeur de regarder les gens. Et c’est génial. On apprend plein de choses, c’est mieux que la gueule de nos chaussures que l’on connaît déjà par cœur. « Juste les yeux qui trainent, acteur et voyeur. » (un cookie à celui qui trouve). Et cela m’a d’ailleurs valu plein d’aventures super marrantes dans le métro, et d’autres encore mieux, plus récemment dans le train.
Et donc tout ca pour dire qu’ici, je ne suis pas le seul. Au Québec, les gens se regardent. Tu regardes les gens avec qui tu fais la queue, les gens avec qui tu marches, ceux que tu croises dans les couloirs, dans les bus. Et quand tu croises leur regard tu leurs dis bonjour. Des inconnus, n’importe qui, tu lui dis bonjour. Des fois, il n’y a meme pas besoin que les regards se croisent. Tous les jours, je dis bonjour à 3 ou 4 personnes que je ne connais pas. Et puis une fois sur deux cela en reste là. Une fois sur deux, on discute, on mange ensemble ou n’importe quoi. Les gens sont gentils. Et puis on se quitte en se disant « au revoir », on a passé un bon moment, point, c’est tout. L’autre jour, j’allais chez le dépanneur, et je passe près d’un couple tout heureux, qui se faisait des bisous au soleil en regardant le paysage. Je les regarde, je souris. Ils me regardent, sourient encore plus et la fille me demande si je vais bien. « Très bien, mais pas autant que vous deux visiblement » que je lui réponds. Ils rigolent, s’embrassent et je continue mon chemin. Puis ils me crient : « Vive la France! » Alors que je suis 20 m plus loin. Je les remercie puis continue mon chemin. Et quelques secondes après le type me crie : « Au fait, tu es Royal ou Sarkosy ? »
Comme le dit un ami d’une amie, il y a deux choses que l’on ne pourra jamais exporter ici : Johnny Hallyday, et notre peur des étrangers. Et c’est vrai ! Surtout pour Johnny…

Ce pays est fait pour moi…

2 commentaires:

Unknown a dit…

"je marche seul"

Anonyme a dit…

Ils sont super géniaux ces québécois!et j'étais sure que ce pays te plairait!!(au fait, très bonne idée ton association "libération des regards")